cékilui « bruno de florence

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Bruno de Florence – artiste français installé à londres – pianiste improvisateur – diplômé de musicologie de Goldsmiths College Londres – co-curateur de Lutecium – également photographe – skally et puis bien d’autres encore – à suivre
cékilui
22 juillet 2009

bdf_05La musique est ma première passion. Puis je découvre Freud en terminale, avec l’Interprétation des Rêves. A l’époque, cela a un côté sulfureux, propre à dissoudre le cartésianisme infernal qui nous était enseigné. Je rencontre Lacan à la Sorbonne (Paris V), en sociologie, grâce à des chargés de cours aventureux. Après une période de militantisme Sexpol, inspirée de Foucault, Barthes, Deleuze, Guattari et Hockengheim, c’est à Londres, à l’époque terrain fertile pour l’expérimentation, que j’ai l’occasion de m’interroger sur la pratique de l’art en général, en tant que système signifiant.

Je compose, je filme, je photographie, bref, je découpe, et je tente de m’expliquer ce que je fais, tout en le faisant. Je fais mes classes à la London Film Makers Co-op, collectif de cinéastes expérimentaux financé par le British Film Institute. J’y fais l’apologie du Super 8, aidé par Dereck Jarman. Je passe quelque temps dans les clubs londoniens à monter et faire tourner des installations vidéos : 25 écrans, puis 100 tout autour d’une piste de danse au club The Fridge. C’est ma période Nam Jun Paik. Puis je me lance à l’assault des ondes, réalisant une station de télévison pirate, NeTWork 21. C’est un grand succés, qui fait la une de tous les journaux britanniques. Passage à la réalisation de clips (période Hollywood), puis à la politique, lorsque je deviens conseiller diplomatique auprès de ministres africains.

bdf_02Par métonymie, d’un lien Internet à l’autre, je découvre les enregistrements de séminaires de Lacan, sur le site de Lutecium. J’en deviens un des curateurs, avec la mise en ligne de 2 morceaux de musique (Lacan Rap 1, Lacan Rap 2-Encore), fabriqués, littéralement, à partir de bouts d’échantillons des séminaires. Ce travail m’inspire à lier musique et psychanalyse à partir de la notion de bases pulsionnelles de la phonation, d’après les travaux de Freud, Fonagy, Kristeva et Lacan. Entre temps, je sors un disque de techno (Eurotunnel) chez Indochina sous le nom de Sans Pitié. C’était par amour, mais chut, ne le dites pas.

Tout en parcourant les chemins d’une analyse lacanienne, j’entre en cours debdf_08 musicologie a la fac de Goldsmiths. L’analyse de Schenker et motivique de Schonberg (avec le Dr. Craig Ayrey) me font bien suer, mais je suis top des séminaires de piano. Jouer comme BdF, qu’il dit le prof. Mes camarades m’élisent délégué étudiant : vas-y, t’es français, t’as l’habitude de râler. Puis je deviens Student Ambassador, portant la bonne parole dans les écoles britanniques et incitant les jeunes noirs à étudier la musique classique et contemporaine. Inspirée par la pédagogie de Lacan, je me mets à utiliser la topologie comme méthode de composition. Résultat : je suis premier en compo (avec les Dr. Roger Redgate & Michael Young), on trouve cela excellent. Mon mémoire de fin de cycle, sur musique et sémiotique, dans le quel je mets au point un modèle sémiotique du fait musical (à partir de Peirce, Freud, Lacan, Kristeva), obtient un First. Entre temps, je forme un duo d’improvisation à deux pianos, avec un camarade de fac, jack hurst. Oui, vous avez bien lu, DEUX pianos. Gros succès pour notre concert de Fulham Palace, l’ancienne résidence 17ième de l’évêque de Fulham.

Mon premier livre est publié chez l’Harmattan, c’est Musique, sémiotique et pulsion. J’en prépare la suite, ça s’appelera L’Envers de la musique. Bientôt le film sur le livre, et le film du film sur le livre! J’en profite pour reprendre une 2ième tranche d’analyse, fréquenter les séminaires de la New Lacanian School (branche londres) et m’inscrire à un cartel sur daughter mother woman in the 21st century – quel chic!

bdf_pianoComme quoi, n’est ce pas, il y a toujours à prendre. Bref, entre mes passions pour Freud, Bach, l’image, les filtres résonants et les hommes, je n’ai guère le temps de m’ennuyer. Comme disait l’autre, prenez, chantez, dansez, il en restera bien quelque chose. Kool.

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