usage du chant et du sifflement

22 August 2008 - muzikologi psychanalyse

chantCe texte a été diffusé à l’origine sur la liste muzetpsy le 22 aout 2008 par Catherine Girard. Reproduit avec l’aimable permission de son auteur.

Je ne parlais pas de musicothérapie en tant que telle, mais plutôt d’un usage assez spontané que j’ai du chant ou du sifflement.

J’ai pu expérimenter à plusieurs reprises l’utilisation de la voix chantée sans parole, la musique sifflée, ou alors la parole fredonnée en totale improvisation “musicale” quelque soit les institutions où j’ai travaillé. (adultes polyhandicapés, SDF, personnes âgées, écoles spécialisées, personnes alcooliques ou toxicomanes…) Chanter ou siffler est avant tout un plaisir pour moi, mais si cela produit des effets alors pourquoi ne pas tenter de m’en servir?

Avec un enfant autiste par exemple, le fait de m’entendre siffler ou fredonner l’arrêtait dans ses mouvements répétitifs et s’il ne croisait pas mon regard, il tendait l’oreille. J’ai fini par prendre l’habitude de lui parler en chantonnant mes phrases.Quelques échanges d’objets ont ainsi été accompagnés par les mélodies que j’improvisais à son oreille.

Excellent outil aussi pour qu’il s’alimente sans hurler à chaque bouchée. La musique était elle moins intrusive pour lui, que les mots ou même la nourriture? Cet enfant ne parlait pas mais proférait parfois des hurlements suraigus difficilement supportables par l’entourage. La musique de ma voix sans paroles, sans presque ouvrir la bouche se distinguait elle du brouhaha voire même de l’envahissement sonore ( ou signifiant?) qui l’entourait? Il faut dire qu’il était soumis à une méthode “barbare” d’apprentissage de la parole, portant un casque sur les oreilles au moins 3H par jour, ou il entendait des mots simples avec ou sans support d’une image (Cette méthode a un nom que j’ai oublié)

J’ai aussi créé, animé et expérimenté un atelier d’expression vocale, où j’associais respiration profonde et détente corporelle, avec la production de sons à l’aide des différents résonateurs du corps. Les effets étaient aussi variés que le nombre de participants. Il s’agissait de personnes en post cure pour problèmes d’alcool. Cette expérience s’est arrêtée à la fin de mon emploi et je n’ai jamais pris le temps de réfléchir à ce qui s’y produisait, cliniquement parlant. Il s’agissait pour l’institution, d’un temps d’animation au même titre que la poterie ou autre. Mais parallèlement à cet atelier d’expression vocale, j’animais un groupe de parole qui attirait beaucoup moins de participants. Un corps parlant avec ou sans mots?

Pour moi, l’idée était de réconcilier ses personnes en souffrance avec leurs sensations corporelles et éprouver du plaisir à mettre leur corps en mouvement et en sons.

De même avec une personne aphasique suite à un AVC, et qui se laissait mourir, j’ai pu attirer son attention et elle a accepté que je rentre dans sa chambre parce qu’elle entendait chanter et qu’elle a reconnu ma voix quand je passais pour lui dire bonjour. J’ai beaucoup d’autres exemples autour du chant et de la musique dans ma pratique clinique, mais aussi concernant les cours de chant que j’ai pu suivre avec des méthodes diverses et variées.

Je ‘ai jamais rien écrit ou élaboré concernant ces expériences, la seule chose qui me semble évidente (surtout concernant le 2ème exemple cité), c’est que le chant et la musique émanent de mon propre désir, j’y mets du mien quand j’utilise cet outil et peut être que le plaisir que j’y prends ouvre quelque chose chez celui qui entend?

J’avais prévenu que je n’étais pas très avancée en matière de concepts analytiques, mon texte reste très factuel, mais justement, il est peut être temps de me pencher sur ces expériences d’un point de vue plus analytique.

Catherine Girard

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